AccueilPortailS'enregistrerConnexionFacebookTwitter

Partagez | 
 

 Lettre ouverte au chouchou polonais du Parc Astrid

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Wasilewski
Team
Team
avatar

Nombre de messages : 19815
Age : 35
Localisation : braine l'alleud
Console : ps2
Date d'inscription : 20/03/2008

MessageSujet: Lettre ouverte au chouchou polonais du Parc Astrid   Jeu 19 Sep - 18:19





Cher Wasyl,

Je sais que - vu ton aversion pour la presse belge - tu ne vas sans doute pas lire ces mots que je t’adresse. Mais je prends quand même la peine de te faire passer un message. Tu viens donc de signer à Leicester, le co-leader en D2 anglaise. Je sais que ton rêve ultime était de jouer en Premier League. Je suis convaincu que si tu parviens à forcer la promotion, tu recevras un nouveau contrat au Walkers Stadium. En tout cas, je te le souhaite.

Depuis que je suis journaliste - en 1996 - je n’ai jamais rencontré de joueur avec un caractère de guerrier et de professionnel comme le tien. Je dois l’avouer : je n’avais jamais entendu parler de ‘Marcin Wasilewski’ au moment où tu signas à Anderlecht en provenance de Lech Poznan, le 13 janvier 2007. Et vu la description que nos collègues polonais avaient faite de toi, j’étais plutôt sceptique. "Un monstre sans technique" était la synthèse. Ce n’est pas ce qui correspond au style de la maison à Anderlecht.

Six ans et demi plus tard (tu as gagné 4 titres !), tu es pour toujours le chouchou du public. Même depuis que tu ne joue plus, le stade chante ‘Wasyyyyyl…’ sur le ton de ‘Brasiiiiil’ à la 27e minute, le numéro avec lequel tu jouais. Nombreux sont les supporters qui portent encore ton nom sur le dos.

Tu es une icône au Parc Astrid et tu le resteras. Pour le public, tu es même plus que cela. Tu es un martyr, un héros. En effet, un être normal n’aurait plus été joueur de football professionnel après ce qui s’est passé ce 30 août 2009.

Je sais que tu n’aimes pas qu’on en reparle, mais cette double fracture du tibia et du péroné a changé ta vie. Les médecins ne le disaient pas ouvertement, mais ils ne croyaient pas en ta guérison totale.

Les joueurs qui étaient dans le vestiaire au moment où le docteur Sas te prodiguait les premiers soins, ont encore la chair de poule quand ils repensent à tes hurlements.

Je le sais, tu n’as cessé de faire la une des journaux dans les jours après ce drame. Des photographes à l’hôpital, des tentatives d’interview de ta femme, des publications de résultats médicaux confidentiels : tu haïssais la presse. Tu ne nous parlais déjà presque jamais. Là, tu t’es dit que plus jamais de la vie, tu ne nous adresserais la parole. Jusqu’à ce jour, tu ne nous lances même plus un regard. Je te pardonne, Wasyl. Et je te comprends. Mais surtout, je t’admire.

Je me rappelle avoir assisté à un de tes premiers entraînements sur le terrain, en pleine rééducation. J’avais pitié de toi. Tu boitais comme un vétéran de guerre, tu n’avais plus aucune force dans ton pied gauche. Tu t’es fait opérer six fois en tout. Et tu as refait surface.

Dans ton premier match, tu as marqué à Zulte-Waregem. Puis, tu as sauvé un ballon sur la ligne à Bruges. Tu étais relancé. Tu as encore joué 69 matches pour le Sporting. Et tu étais l’homme fort de la défense polonaise à ton Euro.

Tes vilaines fautes et coups de coude étaient de plus en plus rares. Tu étais devenu un défenseur plus moderne. L’arrivée de John van den Brom à Anderlecht était le début de la fin pour toi. Juhasz et toi, vous n’étiez pas son style de joueurs. Finalement, tu l’as encore dépanné plus que correctement. Mais cette saison-ci, il ne voulait plus du tout de toi.

Nombreux sont les gens de la direction qui t’auraient encore offert un contrat. Tu aurais voulu rester à Anderlecht, je le sais. Et tu n’aurais pas démérité. Chiche que mardi, avec toute ton expérience, tu aurais pu aider Anderlecht à Benfica ?

Soit, Anderlecht t’a autorisé de poursuivre les entraînements à Neerpede, même sans contrat. Apparemment, tu bossais parfois de 8h30 à 16h30. D’abord dans la salle de muscu, puis avec les A, ensuite avec les espoirs, avant de terminer dans la salle de muscu. Tu étais un exemple pour tous les jeunes. Et tu ne perdais pas le moral ni la bonne humeur.

En effet, pendant toutes ces années, tu fus le plus rigolo du vestiaire. C’est toi qui avais eu l’idée de mettre la Smart de Legear dans un container, te le rappelles-tu ?

Outre ton humour, tu avais un tout petit coeur. Avant le match du titre, tu as pleuré comme un enfant quand Roger Vanden Stock et Herman Van Holsbeeck t’ont offert un cadeau d’adieu. Ta famille, ton agent Michel Thiry, tes amis et tous ces fans d’Anderlecht qui t’ont soutenu pendant les moments difficiles : ils resteront à toujours dans ce petit coeur.

Même après avoir remporté le titre avec Leicester. Powodzenia, Wasyl. Bonne chance.

Yves Taildeman
Revenir en haut Aller en bas
Fredo81
Légende vivante
Légende vivante
avatar

Nombre de messages : 32872
Age : 36
Localisation : Ottignies-LLN
Console : PS3 - PSP
Date d'inscription : 22/07/2005

MessageSujet: Re: Lettre ouverte au chouchou polonais du Parc Astrid   Jeu 19 Sep - 20:09

Magnifique!!!!

_________________
Administrateur 

Revenir en haut Aller en bas
http://rsca2005.forumactif.com
 
Lettre ouverte au chouchou polonais du Parc Astrid
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Lettre ouverte au chouchou polonais du Parc Astrid
» Lettre ouverte à Monsieur Le Président...
» Lettre ouverte à la Ligue ROC et à tous les anti-chasse
» Lettre ouverte d'un supporter bastiais à l'infame Thiriez..........
» lettre ouverte à ma mère

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
RSCA 4 EVER :: Archives :: Saison 13-14 :: Les news du RSCA-
Sauter vers: